En janvier 1918, il achète le Château de la Thumenau à Frédéric Huck, agriculteur.
Parallèlement à son activité d'universitaire, Eugène Kohler va consacrer une grande partie de son temps à l'étude des animaux à fourrure à son domicile plobsheimois.
Il publie plusieurs articles à ce sujet dans la revue «Vie à la Campagne» et en 1929, l'élevage de la Thumenau devient une station expérimentale dédiée au vison pour cette revue agricole. Il propose même un système de pension pour cette espèce.
Outre le vison, E. Kohler a une autre spécialité : le lapin Castorrex (fourrure brune, duveteuse, dense et courte qui rappelle celle d'un castor). Race apparue spontanément dans un village sarthois en 1919, elle est développée par l'abbé Gillet, curé de cet endroit. Mais celui-ci ignore les lois génétiques et les lapins montrent des malformations du fait de la consanguinité. En 1925, E. Kohler achète ses premiers Castorrex à cet abbé et commence les hybrider avec toutes les autres races existantes ! Comme il possède trois mâles Castorrex, il peut les faire saillir à tour de rôle pour ne pas les fatiguer.
Grâce à ses travaux méthodiques, E. Kohler
obtient les premiers lapins Rex de couleur mais il régénère en même temps la race Castorrex en apportant du sang neuf. Ses Castorrex régénérés servent alors de point de départ à la grande majorité des élevages français et étrangers.
E. Kohler élève encore bien d'autres espèces et pas seulement des animaux à fourrure : opossums d'Amérique du Sud et d'Australie, mouffettes noires et rayées, blaireaux argentés (premier élevage en France), ratons laveurs gris et noirs, ragondins, castors norvégiens et canadiens, furets, poules d'Alsace noires et blanches, chèvres de la race noble d'Alsace-Lorraine, chats siamois ainsi que des paons bleus dont certains Plobsheimois se souviennent encore. Il possède aussi un troupeau de moutons karakul à Wissembourg.
Exposant ses animaux dans les grands concours internationaux, il gagne les plus hautes récompenses.