Albert Deiber né en 1913, le père d'Arsène, a créé cette entreprise avant la seconde guerre mondiale (photo). Déjà tout petit, il avait annoncé à ses parents qu’il voudrait coudre du cuir. Sa mère lui avait rétorqué : « Mais tu veux vraiment travailler pour des femmes durant toute ta vie ? »
La guerre s'étant invitée en France en 1939, Albert a dû attendre sa démobilisation de l'armée française pour suivre une formation au Neudorf et passer son diplôme de sellier en 1942. Il travaillait à l'étage de la maison familiale, étage qu'il avait rajouté en 1936. Il faisait des réparations en sellerie, mais très vite il s'est spécialisé en maroquinerie en confectionnant essentiellement des sacs, des serviettes et porte-documents. Dans le hangar, il créait aussi des matelas et des canapés.
En 1943, la guerre l'a rattrapé encore une fois et il a été incorporé de force dans l'armée allemande. Or il lui avait été demandé de fabriquer des cartouchières pour l'armée allemande. Normalement, en tant que travailleur pour l'Allemagne, il n’aurait pas dû partir au front. Quand il a posé la question, l'Ortsgruppenleiter de Plobsheim lui a laissé le choix : ou c'est lui qui partait, ou il désignait quelqu’un qui allait partir à sa place !
Alors il est parti à la guerre et a eu la chance d'en revenir en 1945.