La récolte commençait quand les feuilles de base devenaient plus claires et que celles du haut portaient des marbrures jaunâtres. La date de récolte jouait un grand rôle dans la qualité finale du produit.
On effeuillait la plante en prélevant d’abord les feuilles de base, puis celles du milieu et enfin celles du haut. Les feuilles étaient ensuite réunies en fagots.
Cette opération durait plusieurs semaines et demandait une main d’œuvre nombreuse. Cela tombait bien pour occuper les enfants pendant les vacances scolaires !
Les feuilles ramenées du champ étaient enfilées à l’aide de cette aiguille sur un fil spécial avec un écart de l’épaisseur de 2 doigts entre chaque feuille. Les femmes et les enfants étaient affectés à ce travail d’enfilage.
Puis ces ficelles entassées étaient accrochées rapidement pour laisser faner un peu le tabac et réduire son encombrement. Deux jours après il était suspendu entre 2 lattes pour le séchage définitif. Le séchage avait lieu dans des séchoirs en bois ventilés édifiés à Plobsheim dans le corps de ferme même, dans des greniers et des appentis. Il y avait des lattes partout avec des clous espacés de 10 cm. La feuille devait perdre 60% d’humidité. La couleur passait alors du vert au jaune puis au brun sous l’effet de l’oxydation. Cette opération durait environ 6 semaines. Cette technique s’appliquait au tabac noir cultivé en Alsace avant l'arrivée du tabac blond américain qui demande une autre forme de séchage.